Regards croisés à l’UQAC

Extraits du rapport L’étudiant autochtone et les études supérieures: regards croisés au sein des institutions.

Un site web présente également les résultats obtenus.

Université du Québec à Chicoutimi (2016). Regards croisés: pour une meilleure intégration des étudiants autochtones à l’universitéhttp://nikanite.uqac.ca/regards-croises/


 

1. Données sociodémographiques des étudiants autochtones

Le tableau suivant présente les données sociodémographiques des étudiants autochtones ayant participé au projet de recherche à l’UQAC.

Caractéristiques sociodémographiques des étudiants autochtones ayant participé à la recherche (UQAC)

Caractéristiques Nombre
Sexe  
Féminin 10
Masculin 5
Âge  
Âge moyen 30,6
Âge de l’étudiant le plus jeune 22
Âge de l’étudiant le plus âgé 45
État civil  
Célibataires 8
En couple 5
Veuf 1
Préfère ne pas répondre 1
Secteurs d’études  
Programme de relation d’aide 5
Enseignement 4
Administration 2
Arts 1
Soins infirmiers 1
Préfère ne pas répondre 2
   Total      15

 

La section suivante présente les autres informations récoltées concernant les étudiants autochtones de l’UQAC qui ont participé au projet de recherche.

  • Le nombre moyen de frères et sœurs par étudiant était 4,3.
  • Le nombre moyen de bons amis par étudiant était 3,6.
  • 10 étudiants étaient inscrits dans un programme de baccalauréat, 2 autres étaient inscrits dans un programme de certificat, et 1 autre était inscrit dans un programme de maitrise. De plus, 1 étudiant complétait une propédeutique, alors qu’un autre n’a pas répondu à la question.
  • Les 15 étudiants interrogés habitaient dans leur propre maison ou leur propre appartement.
  • 9 étudiants avaient un enfant ou plus alors que 6 étudiants n’en avaient pas.
  • En considérant seulement ceux qui en ont, le nombre moyen d’enfants par étudiant était 2,7. La moyenne d’âge de ceux-ci était 11,8.
  • 10 étudiants étaient nés de deux parents autochtones alors que 5 étudiants étaient nés d’un parent autochtone et d’un parent allochtone.
  • 9 étudiants étaient nés de deux parents n’ayant jamais fréquenté l’université. 5 étudiants étaient nés de deux parents n’ayant aucun diplôme (incluant celui de secondaire 5).
  • 12 étudiants bénéficiaient des allocations de formation. Elles étaient le seul revenu de 6 d’entre eux, alors que 6 étudiants avaient un autre revenu qui s’ajoutait aux allocations de formation.
  • 8 étudiants occupaient un emploi. Le nombre moyen d’heures par semaine était 14,4. De plus, 3 étudiants avaient recours à l’assurance emploi.
  • Les rôles que les étudiants considéraient comme étant les plus importants étaient, dans l’ordre, le fait d’appartenir à une nation autochtone (ex. : Innu), le fait d’être étudiant, le fait d’être Autochtone (indifféremment de la nation ou de la communauté) et le fait d’être Autochtone originaire d’une communauté bien précise (ex. : Innu de Pessamit).
  • Le nombre moyen d’années passées au secondaire était 5,3.
  • Deux étudiants n’avaient pas fréquenté le cégep. Parmi ceux qui y étaient allés, le nombre moyen d’années mises à compléter le diplôme était 4.

Une fois leur diplôme d’études universitaire complété, 11 étudiants ont précisé vouloir aller travailler dans une communauté autochtone.

 

2. Présentation des résultats

2.1 Point de vue des étudiants autochtones

La section suivante présente les figures qui émergent de l’analyse des données de l’UQAC. Le tableau ci-dessous dresse un portrait des thèmes d’analyse et des figures émergentes qui en ressortent.

 

Le tableau sommatif des thèmes analysés et les figures émergentes de l’analyse des données concernant les étudiants autochtones de l’UQAC

Thème d’analyse 1 : Les caractéristiques de l’étudiant autochtone au collégial l’étudiant autochtone, qui est-il?
·         Être Autochtone : une source de fierté et d’identité·         Le souhait d’un équilibre entre modernisme et traditionalisme·         Cri, montagnais, attikamek, anglais, français : un étudiant souvent plurilingue

·         Parent et étudiant : les conséquences de la conciliation des rôles

·         Une situation financière précaire

·         Un parcours scolaire indirect et atypique

Thème d’analyse 2 : L’école en tant que milieu de vie Comment se vit l’intégration au milieu de vie universitaire?
·         L’université, un lieu apprécié·         L’université, un lieu d’apprentissage·         De rares interactions entre étudiants autochtones

·         Interagir avec les étudiants allochtones pour des motifs scolaires

·         Les services aux étudiants : connus, mais peu utilisés

·         Le Centre des Premières Nations Nikanite : on aime et on en veut plus

·         Le souhait d’une plus grande visibilité pour la culture autochtone

Thèmes d’analyse 3 et 4 : L’apprentissage, les tâches d’apprentissage et les relations avec les enseignants Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?
·         Apprendre partout, tout le temps·         Des comportements d’apprentissage appropriés pendant les cours·         Les comportements d’apprentissage hors cours : des habitudes propres à chacun

·         Questionner les enseignants : face à face, seul à seul et par courriels

·         Outre les enseignants, les collègues et les conjoints pour répondre aux questions

·         Les présentations orales : puisqu’il le faut!

·         Travail individuel ou d’équipe : également apprécié, sauf pour l’étape de formation des équipes

·         Apprendre à l’université pour un Autochtone : d’abord le défi de la langue seconde

·         L’intérêt d’apprendre du contenu culturel autochtone

·         Le stress lié aux examens : mentalement et physiquement

·         L’importance de l’appréciation des enseignants

·         Dans l’ensemble, des relations positives entre étudiants et enseignants

·         Avoir des enseignants allochtones, aucun problème, mais…

·         Des enseignants sans favoritisme et même sensibles à la réalité des étudiants autochtones

Thème d’analyse 5 : La motivation Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre des études universitaires?
·         Plusieurs types de difficultés rencontrées à l’université affectent la motivation·         L’entourage comme source d’encouragement·         La pluralité des facteurs décisionnels de fréquentation universitaire

·         Le profond désir de venir en aide à la communauté

 

Thème d’analyse 6 : La réussite scolaireQu’est-ce que réussir à l’université?
·         La grande importance accordée à la réussite scolaire·         Le sentiment de réussir : parfois oui, parfois non·         La famille, les amis et les figures autochtones comme modèles de réussite
Thème d’analyse 7 : La transition cégep-universitéComment se vit la transition cégep-université?
·         Une transition d’ordre scolaire marquée par plusieurs différences·         Des questionnements sur le potentiel du cégep à préparer aux études universitaires

1. L’étudiant autochtone, qui est-il ?

Un étudiant fier d’être Autochtone.

Il est conscient et fier de son identité autochtone et de sa culture. Il sait que sa réalité d’étudiant est différente par sa situation parentale et linguistique et par son parcours scolaire indirect.

 

2. Comment se vit l’intégration au milieu universitaire ?

L’université, un lieu apprécié.

Les étudiants se disent attachés au milieu universitaire et avoir une vision positive de celui-ci. Or, ils soulignent qu’il s’agit, pour eux, d’un lieu davantage axé sur les apprentissages que sur la dynamique de socialisation. En effet, ils ont peu d’interactions avec les autres étudiants autochtones. Ils collaborent volontiers avec les allochtones mais surtout pour les travaux scolaires. Ils souhaitent voir davantage de traces de la culture autochtone à l’université.

 

3. Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver ?

On apprend partout et tout le temps.

Ils ont une vision globale de l’apprentissage. Ce qu’ils apprennent à l’université est spécialisé à un domaine d’études sans être survalorisé par rapport à ce qu’ils apprennent à la maison. À l’université, ils requierent l’aide des enseignants surtout de façon individuelle. D’ailleurs, la relation qu’ils entretiennent avec eux est très positive. Sans apprécier faire des présentations orales, certains étudiants ont développé des stratégies, notamment d’avoir un support visuel, d’intégrer l’humour et de choisir un sujet qu’ils maitrisent et qui les touchent. Les étudiants apprécient travailler en équipe et de façon individuelle, dépendamment de la tâche qui leur est demandée. Finalement, ils aimeraient que davantage de contenu relié à leur culture soit enseigné dans les cours.

 

4. Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre les études ?

Le désir d’aider leur communauté.

Le désir de retourner dans leur communauté avec les connaissances acquises à l’université est la première source de motivation pour les étudiants autochtones : ils s’en donnent même la missionet ils mentionnent que l’appui en ce sens de la famille et de l’entourage est d’une grande importance. Une fois à l’université, ils sont toutefois vite confrontés à d’importantes difficultés qui vont affecter progressivement leur motivation. Ces difficultés sont principalement de deux ordres : social (préjugés, solitude, éloignement affectif) et scolaire (maîtrise du français, méthodologie de travail, contenu des cours).

 

5. Qu’est-ce que réussir ?

Une conception multidimensionnelle de la réussite

Les étudiants nuancent spontanément le concept de réussite et l’appliquent à toutes les sphères de leur vie (étudiant, parent, travailleur, individu, etc.). En outre, l’échec ou la réussite ne sont jamais définitifs : ils varient dans le temps et en fonction des contextes. Au plan scolaire, la majorité considère que le fait d’être à l’université après tant d’embûches est déjà pour eux un élément important de réussite. S’ils reconnaissent l’importance de la réussite scolaire, plusieurs soulignent qu’elle ne précèdera jamais leurs préoccupations familiales.

 

6. Comment se vit la transition cégep/université ?

S’adapter et se responsabiliser.

Le passage du cégep à l’université constitue un changement majeur pour les étudiants tant au plan social qu’académique. Le fonctionnement universitaire impose une plus grande responsabilisation et des efforts soutenus et cela constitue un défi adaptatif pour plusieurs. Les avis sont mitigés quant à la pertinence générale de la formation collégiale. Certains disent avoir été adéquatement préparés méthodologiquement et académiquement pour leur entrée à l’université, alors que d’autres n’y ont pas vu d’utilités particulières.

 

 

2.2 Point de vue des enseignants

Les lignes qui suivent présentent les résultats de l’analyse des données issues des entrevues avec les professeurs de l’UQAC. Le tableau ci-dessous relève les figures émergentes de leurs discours pour chaque thème d’analyse étudié.

 

Le tableau sommatif des thèmes analysés et les figures émergentes de l’analyse des données concernant les enseignants de l’UQAC

Thème d’analyse 1 : Les caractéristiques de l’étudiant autochtone au collégial l’étudiant autochtone, qui est-il?
·         Des étudiants appréciés dans leurs différences·         À la recherche d’anonymat·         La barrière du « motadit » français

·         Rire en travaillant

·         Un rapport différent au temps

·         Des contraintes financières

·         Pikogan et Mashteuiatsh : des contextes différents

Thème d’analyse 2 : L’école en tant que milieu de vie Comment se vit l’intégration au milieu de vie universitaire?
·         Une intégration académique sans implication sociale·         De bonnes relations avec les enseignants·         Une solidarité entre étudiants autochtones

·         Distance, réticence et incompréhension entre étudiants autochtones et allochtones

·         Des étudiants qui consultent peu les services professionnels

·         L’attitude de référer les étudiants aux services professionnels

Thèmes d’analyse 3 et 4 : L’apprentissage, les tâches d’apprentissage et les relations avec les enseignants Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?
·         Un même potentiel intellectuel, mais des habitudes d’apprentissage différentes·         Des enseignants qui prennent en considération les différences culturelles·         Des stratégies pédagogiques et des méthodes d’encadrement adaptées et variées

·         Une méthodologie de travail à acquérir et des difficultés de langue seconde

·         Des étudiants plus que discrets

·         Un stress généralement supplémentaire

·         Des lacunes en technologie

·         Quelques stratégies d’aide à l’apprentissage proposées

Thème d’analyse 5 : La motivation Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre des études universitaires?
·         Des motivations de réalisation personnelle et de contribution culturelle·         Maints obstacles psychosociaux à la motivation·         Un niveau de motivation difficile à cerner

·         Un risque élevé de découragement en l’absence de soutien

Thème d’analyse 6 : La réussite scolaireQu’est-ce que réussir à l’université?
·         Fréquenter l’université, c’est déjà réussir·         Des étudiants moins compétitifs, avec une préoccupation communautaire·         Une confiance fragile en la capacité de réussir
Thème d’analyse 7 : La transition cégep-universitéComment se vit la transition cégep-université?
·         Un parcours scolaire antérieur inconnu·         Un grand pas à franchir·         Le meilleur outil d’intervention

·         Le malaise de la langue seconde

 

1. L’étudiant autochtone, qui est-il?

Des étudiants appréciés dans leurs différences

Les professeurs ont une assez bonne connaissance de la situation personnelle et scolaire vécue par les étudiants autochtones. Ils démontrent du respect et de l’empathie à leur égard. Ils constatent qu’ils se distinguent par quelques caractéristiques : la timidité, l’humour, la spontanéité, les responsabilités familiales, le parcours scolaire atypique, les difficultés récurrentes en français, le rapport au temps parfois problématique, la situation financière précaire et une vision du monde plus globale, peut-être plus artistique. Ils soulignent toutefois une différence selon l’emplacement géographique de la communauté d’origine.

 

2. Comment se vit l’intégration au milieu universitaire?

Une intégration académique sans implication sociale

Les professeurs, qui disent avoir de bonnes relations avec les étudiants autochtones, considèrent que ces derniers font le choix de s’intégrer de façon partielle au milieu universitaire. Les efforts qu’ils investissent sont d’ordre académique plutôt que social. Les enseignants n’hésitent pas à les référer au besoin aux services professionnels; cependant, les étudiants eux-mêmes consultent peu ces services de façon spontanée. On semble observer un manque de proximité de la part des services professionnels, qui, d’ailleurs, gagneraient à être davantage visibles et attractifs. Les étudiants autochtones, généralement solidaires entre eux, se marient peu aux étudiants allochtones. Les enseignants expliquent cette réticence mutuelle par une divergence d’objectifs et de démarches de réussite; si certains étudiants autochtones y voient du racisme, les enseignants nuancent cette explication.

 

3. Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?

Des habitudes d’apprentissage et des attitudes en classe différentes

Les étudiants autochtones, selon leurs professeurs, ont un potentiel d’apprenant tout à fait similaire à celui de leurs collègues allochtones. Ce sont plutôt les  habitudes d’apprentissage et leurs attitudes en classe qui diffèrent. Ils font référence, notamment, au malaise des étudiants autochtones lorsqu’ils sont en grand groupe, à leur niveau de stress relativement élevé, à leur méthodologie de travail à parfaire, à l’usage difficile des technologies et, enfin, à deux défis importants, soit celui de la maitrise de la langue seconde et du respect des exigences temporelles. De ces constats découle l’importance, relevée par lle corps professoral, d’adapter leurs méthodes pédagogiques. En ce sens, ils rappellent la nécessité de ralentir leur débit de parole et de varier leur vocabulaire, de s’assurer d’être attentifs à la bonne compréhension des étudiants, d’assouplir le cadre d’enseignement et même les exigences de production, de favoriser le travail en équipe, de valoriser la dimension pratique plutôt que théorique et d’intégrer des éléments de culture autochtone dans leurs cours.

 

4. Qu’est-ce que réussir?

Une réussite globale, qui va bien au-delà des notes

Les professeurs, bien qu’ils fassent montre de prudence quant aux généralisations, constatent que la réussite, pour les étudiants autochtones, va au-delà des résultats scolaires. Le fait de fréquenter l’université, c’est déjà réussir pour eux. Dans le même sens, ils s’inscrivent généralement moins que les autres dans un esprit de compétition et associent leur réussite au développement de leur communauté. Considérant les défis auxquels ils font face, les enseignants soulignent que leur confiance en leur propre capacité de réussir demeure fragile et facilement ébranlable.

 

5. Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre les études

De grandes sources de motivations, mises à rude épreuve tout au long du parcours

Pour les professeurs, le niveau de motivation des étudiants autochtones est varié et difficile à cerner. Ils ont des objectifs de réalisation personnelle, d’amélioration de leurs conditions de vie et sont soucieux de contribuer à l’avancement de leur communauté aux plans culturel et social. Ils font face à de nombreux défis susceptibles de les démotiver : le contexte psychosocial de leur milieu d’origine et l’adaptation culturelle, linguistique et structurelle aux études universitaires. Les professeurs estiment aussi qu’ils ont un risque élevé de découragement s’ils ne sont pas ou peu accompagnés. Enfin, des enseignants constatent que les opportunités précoces de carrière que leur offre parfois la communauté peuvent être à double tranchant : l’étudiant risque de s’établir dans le milieu professionnel avant d’avoir complété son diplôme universitaire.

 

6. Comment se vit la transition cégep/université?

Un grand pas à franchir

Avant toute chose, les enseignants se disent dépourvus pour intervenir auprès des étudiants autochtones qui arrivent à l’université puisqu’ils ne connaissent pas le bagage académique dont ils disposent. Ils constatent ensuite que le pas à franchir pour correspondre aux attentes universitaires est énorme pour plusieurs d’entre eux, particulièrement en ce qui a trait à la maitrise du français qui est leur langue seconde. En conséquence, plusieurs suggèrent une année d’intégration avant d’entamer le programme d’études, année au cours de laquelle ils pourraient se mettre à niveau en français ainsi qu’en méthodologie de travail universitaire.

2.3 Point de vue des professionnels

Les lignes qui suivent présentent les résultats de l’analyse des données issues des entrevues avec les professionnels de l’UQAC. Le tableau ci-dessous relève les figures émergentes de leurs discours pour chaque thème d’analyse étudié.

 

Le tableau sommatif des thèmes analysés et les figures émergentes de l’analyse des données concernant les professionnels de l’UQAC

Thème d’analyse 1 : Les caractéristiques de l’étudiant autochtone au collégial l’étudiant autochtone, qui est-il?
·         Une relation avant tout positive·         Une fois passée la gêne : l’humanité au cœur des interactions·         Difficultés linguistiques et d’organisation temporelle
Thème d’analyse 2 : L’école en tant que milieu de vie Comment se vit l’intégration au milieu de vie universitaire?
·         Une intégration difficile·         Une relation teintée de la personnalité de l’enseignant·         Des avis partagés sur la solidarité entre étudiants autochtones

·         Des réticences réciproques entre étudiants autochtones et allochtones

·         Un besoin de services souples et individualisés

Thèmes d’analyse 3 et 4 : L’apprentissage, les tâches d’apprentissage et les relations avec les enseignants Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?
·         Des étudiants visuels qui apprennent en faisant·         Des difficultés d’ordre méthodologique·         Un changement qui ne peut réussir qu’en collaboration
Thème d’analyse 5 : La motivation Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre des études universitaires?
·         Un diplôme pour apporter sa contribution à la communauté·         Un contexte socioéconomique qui affecte la motivation·         Être seul pour faire face aux problèmes
Thème d’analyse 6 : La réussite scolaireQu’est-ce que réussir à l’université?
·         Une réussite globale importante, indépendante des notes·         Une confiance fragile en leur capacité de réussir
Thème d’analyse 7 : La transition cégep-universitéComment se vit la transition cégep-université?
·         Le souci de connaitre l’expérience scolaire antérieure·         Une transition d’ordre scolaire laborieuse

 

1. L’étudiant autochtone, qui est-il?

Une fois passée la gêne : l’humanité au cœur des interactions

La majorité des professionnels décrivent leur relation avec les étudiants autochtones comme étant positive. Pour eux, cette gêne oblige une période d’apprivoisement. Une fois qu’elle elle est comprise et dissipée, une relation plus riche et plus humaine est ensuite établie. Fiers de leur identité, ils manifestent le désir de partager davantage leur culture. Plus problématiques sont leurs rapports au temps et leur maitrise de la langue française, qui compliquent d’ailleurs leur expérience académique universitaire.

 

2. Comment se passe l’intégration au milieu universitaire?

Une difficile intégration et des services professionnels à parfaire

Selon les professionnels rencontrés, l’intégration n’est pas facile. La solidarité entre Autochtones n’est pas automatique et une barrière reste à franchir entre les Autochtones et les Allochtones due à une méfiance mutuelle. En ce qui a trait au rapport avec l’enseignant, tout dépend de la personnalité de ce dernier. Par ailleurs, quand ils le peuvent, les professionnels offrent des services accessibles, souples et individualisés aux étudiants, car c’est ce dont ils ont besoin selon eux. Ils proposent la création d’un local où les étudiants pourraient se rassembler. Le Centre des Premières Nations Nikanite est vu comme un organisme administratif qui ne répond pas à ce besoin de regroupement.

 

3. Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?

Des étudiants visuels qui apprennent en faisant

Selon les professionnels, les étudiants autochtones sont des apprenants généralement visuels et préfèrent des activités d’apprentissage concrètes impliquant de l’observation et des actions aux cours magistraux. Ils estiment que la problématique de la langue seconde interfère dans leur apprentissage. En général, ils remarquent des difficultés d’ordre méthodologique (planification et organisation du travail). Plutôt que de consulter spontanément les enseignants en cas d’incompréhension académique, les étudiants auraient tendance à se tourner vers eux, les professionnels, ou leurs collègues étudiants. En bout de ligne, pour créer un contexte qui faciliterait davantage la réussite des étudiants, il faut miser sur la collaboration des uns et des autres. Chacun, tant les étudiants autochtones que les enseignants, doivent être partie prenante du changement.

 

4. Qu’est-ce que réussir?

La volonté et le doute de réussir

Selon les professionnels, les étudiants autochtones ne sont pas centrés sur la performance, mais plutôt sur la réussite scolaire en général. S’ils accordent peu d’importance à la note obtenue, ils valorisent par contre le fait de fréquenter l’université et d’obtenir éventuellement un diplôme. Les professionnels perçoivent que le soutien et les encouragements qu’ils offrent aux étudiants sont importants car ils doutent de leurs propres capacités à réussir.

 

5. Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre les études?

Un diplôme pour apporter sa contribution à la communauté

La motivation première des étudiants autochtones à poursuivre leurs études constatée par les professionnels est l’éventuelle contribution qu’ils apporteront à leur communauté, à la fois par les compétences développées que par le fait de devenir un modèle. Toutefois, la réalité socioéconomique des étudiants entraine d’importants défis motivationnels. Ils ont toutefois tendance à les affronter seuls, sans recourir à l’aide des professionnels.

 

6. Comment se vit la transition cégep/université?

Une transition d’ordre scolaire laborieuse

Les professionnels remarquent que les étudiants autochtones sont souvent admis à l’université sous une base d’expérience pertinente, entrainant certaines difficultés au niveau de la préparation aux études de premier cycle. Selon les professionnels, le saut à l’université représente un grand défi adaptatif. Par contre, si la difficulté est grande pour les Autochtones, elle peut l’être également pour les Allochtones. Les professionnels trouvent important d’être au courant de l’expérience scolaire antérieure des étudiants autochtones qu’ils côtoient et s’en informent lorsqu’ils ne disposent pas au préalable de cette information.

2.4 Point de vue des étudiants allochtones

Les lignes qui suivent présentent les résultats de l’analyse des données issues des entrevues avec les étudiants allochtones de l’UQAC. Le tableau ci-dessous relève les figures émergentes de leurs discours pour chaque thème d’analyse étudié.

 

Le tableau sommatif des thèmes analysés et les figures émergentes de l’analyse des données concernant les étudiants allochtones de l’UQAC

Thème d’analyse 1 : Les caractéristiques de l’étudiant autochtone au collégial l’étudiant autochtone, qui est-il?
·         Des étudiants réservés avec de grandes responsabilités·         De multiples défis à relever
Thème d’analyse 2 : L’école en tant que milieu de vie Comment se vit l’intégration au milieu de vie universitaire?
·         Une intégration difficile due à un manque d’ouverture·         Les cours : le contexte le plus propice à la rencontre·         Une entrée en relation qui requiert l’initiative des Allochtones

·         Des relations qui se limitent au cadre scolaire

·         Des suggestions pour favoriser l’intégration

·         Une hésitation à proposer des solutions

·         Des étudiants allochtones qui connaissent peu le Centre des Premières Nations Nikanite

·         Un faible recours aux services aux étudiants

Thèmes d’analyse 3 et 4 : L’apprentissage, les tâches d’apprentissage et les relations avec les enseignants Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?
·         Des présentations orales intéressantes, inspirées de la culture autochtone·         Une demande d’aide pédagogique rare et discrète·         L’apprentissage universitaire : un triple défi

·         Des expériences variées quant au travail en équipe

·         De multiples suggestions pour favoriser l’apprentissage

Thème d’analyse 5 et 6 : La motivation et la réussite scolaireQu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre des études universitaires?Qu’est-ce que réussir à l’université?
·         Des étudiants généralement motivés·         Étudier à l’université : une réussite en soi

1. L’étudiant autochtone, qui est-il?

Un être timide aux prises avec plusieurs défis

Les étudiants allochtones constatent que leurs collègues autochtones sont timides, difficiles d’approche et qu’ils ont souvent de grandes responsabilités parentales et communautaires. Ils soulignent, par ailleurs, que leur vie personnelle entraine de nombreux défis à surmonter, notamment en lien avec leur famille et leur communauté. À ces défis s’ajoutent la nécessité d’affronter les préjugés, l’éloignement géographique et culturel et l’intégration au milieu universitaire.

 

2.Comment se vit l’intégration au milieu universitaire?

Des relations qui se limitent au cadre scolaire

La majorité des étudiants allochtones déduit que l’intégration au milieu universitaire est difficile pour les étudiants autochtones puisqu’ils constatent qu’ils sont peu visibles dans le milieu universitaire. Ils expliquent cette situation par différentes raisons, les principales étant les préjugés et le manque d’ouverture dont font preuve les étudiants allochtones. Il faut cependant noter que l’établissement de liens entre eux requerrait souvent l’initiative des Allochtones. Ils constatent que les cours demeurent le contexte le plus propice à l’établissement de contacts entre Autochtones et Allochtones et que les relations se limitent généralement au cadre scolaire. Plusieurs suggestions ont été émises afin de favoriser l’intégration des étudiants autochtones (organisation d’évènements culturels, formation et sensibilisation de la communauté universitaire, valorisation des travaux en équipe et prévision d’échanges en classe). Il faut cependant préciser que plusieurs étudiants allochtones ont soulevé l’importance de respecter le désir réel et le rythme d’intégration des étudiants autochtones. Connaissant eux-mêmes très peu le Centre des Premières Nations Nikanite, les étudiants allochtones supposent que leurs collègues autochtones consultent peu les services professionnels de l’université.

3.Qu’est-ce qu’apprendre et comment y arriver?

L’apprentissage à l’université : un triple défi

Selon les étudiants allochtones, l’apprentissage universitaire, pour les Autochtones, s’organise autour de trois défis importants : les différences culturelles, la barrière de la langue seconde et la différence dans les acquis académiques antérieurs à l’université. Ils insistent toutefois sur le fait que les difficultés d’apprentissage qu’ils constatent ne s’expliquent pas par une intelligence inférieure, mais plutôt par des différences socioculturelles. Ils remarquent que les étudiants autochtones, lorsqu’ils ont besoin d’aide au plan académique, hésitent à poser des questions. Lorsqu’ils le font, ils procèdent de façon discrète. Ils constatent avec plaisir que les présentations orales des étudiants autochtones sont souvent inspirées de leur culture. Il est à noter, cependant, qu’une proportion considérable d’entre eux n’a jamais travaillé en équipe avec un étudiant autochtone, situation qu’ils expliquent par une grande variété de raisons.

 

4.Qu’est-ce qui motive et démotive à poursuivre les études?

Des étudiants généralement motivés

De façon générale, les étudiants allochtones constatent que leurs collègues autochtones sont motivés à poursuivre leurs études puisqu’ils ont persévéré jusqu’à l’université et qu’ils participent bien en classe. Ce qui les motive principalement, selon eux, c’est d’aider leur communauté. Certains observent toutefois des comportements associés à une faible motivation (ex. : retards en classe). Selon les étudiants rencontrés, ces comportements s’expliquent par leurs difficultés personnelles et l’influence négative de l’entourage.

 

5.Qu’est-ce que réussir?

Étudier à l’université : une réussite en soi

Les étudiants allochtones estiment que le fait d’étudier à l’université est une réussite en soi pour les étudiants autochtones. Ils ont tous le droit d’en être fier. Ils soulignent que la réussite est plus difficile à atteindre pour eux et qu’elle n’est pas qu’une question de performance à un cours.

 

6.Comment se vit la transition cégep/université?

Rien n’a émergé des entrevues à ce sujet.

 

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